Mon poussin tout seul

Cet article participe à la cavalcade des blogs, organisée ce mois-ci par Animal mon compagnon.

La Cavalcade des Blogs a été créée par Gaëlle, du blog Cheval Facile.

 

 

 

 

 

 

J’ai dû bien vite me rendre à l’évidence :  des six oeufs que j’avais placés dans la couveuse, il n’y en aurait pas beaucoup qui arriveraient à terme. Et même rapidement, j’ai dû l’admettre, je serais chanceuse si j’en avais un !

Ca avait pourtant été une si belle préparation. Nous étions au mois d’octobre, Cracotte voulait couver et moi, j’étais prête à tout pour lui faire plaisir. Mais sur le Bon coin, en cette saison, on ne trouve pas grand chose, en matière d’oeufs fécondés. Pourtant, j’avais trouvé. Et Cracotte m’avait lâchée… Et quand le facteur avait amené la boîte contenant les précieux oeufs, j’avais de justesse trouvé une couveuse… et fébrilement cherché sur internet comment ça se déroulait, cette affaire-là.

Mais il était là, ce petit oeuf, pépiant et gigotant.

Et c’est ainsi qu’après un voyage immobile de trois longues semaines, après avoir découpé sa coquille par le gros bout – comme il se doit –, il a envoyé bouler le reste des débris d’un vigoureux coup de pattes et il s’est retrouvé au monde, trempé et pantelant. Il était né, mon poussin tout seul.

Dès ces premières secondes, il a commencé à m’apprendre des choses. Ensuite, il n’a jamais cessé. C’était mon premier poussin et je ne savais rien.

J’avais vu ces images où des milliers de poussins jaunes pépient dans un immense éclosoir. Et il était là, mon Alphadoux, avec son duvet aux couleurs chaudes et subtiles. Avec sa petite crête et ses pattes costaudes de petit coq – J’aurais tellement voulu qu’il soit une poule – il ne ressemblait à aucun autre.

 

Poussin braekel doré

 

 

Il m’a appris comment grandit un poussin. Tout simplement, sans en avoir l’air, jour après jour. Mais il était tout seul, l’unique de sa portée. Personne pour jouer à la bagarre, personne pour se blottir quand on a tant découvert le monde, personne pour partager la pâtée, personne pour faire barrage à la solitude du monde. Alors j’ai pris le rôle de la maman. Je l’avais toujours dans une main. Quand j’étais auprès de lui, il se mettait à piailler quand il ne dormait pas, jusqu’à ce que je l’attrape. Un poussin dans la main quand je fais le ménage, un poussin dans la main quand je regarde la télévision… Et je ne compte pas le nombre de fois où je me suis endormie avec un poussin endormi dans les mains (puissant somnifère) !

 

Jeune coq qui s'endort

 

 

Jour après jour, comme tous les poussins, avec sa façon de faire à lui, unique. Il a grandi. Il est devenu un grand beau coq. Il a lancé ses premières notes de chant à un mois. Mais toujours charmant, toujours attentionné. Il vivait dans la maison, son chez lui – Qui songerait à mettre un poussin dehors en plein hiver ? Que de beaux moments nous avons vécus où il s’abandonnait en dormant sur mes genoux ou sur le bras du canapé…

Jeune coq dans unn panier
Jeune coq dans un panier

 

 

 

Alphadoux est devenu Jolicoq quand il n’a plus été possible de douter. Il était magnifique avec son oeil brun de velours, sa crête fière et ses barbillons altiers. Son plumage aux chaudes couleurs rousses et ses cocoricos conquérants.

 

Jeune coq braekel doré

 

 

Un oeil négligent ou superficiel pourrait croire qu’il était semblable à tous les coqs braekel doré qui existent. Mais non. Jolicoq était à nul autre pareil.

Il était UNIQUE.

 

Poussin braekel doré
Quel joli jabot ! Photo de Hans Verwoerd
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1 thought on “Mon poussin tout seul

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