Quelle drôle d’idée que de se lancer à soi-même un défi ! À quoi cela peut-il bien servir ?

Mmm ! À quoi cela peut-il bien servir…

Peut-être, tout simplement, à se mettre en mouvement, à ne plus attendre et espérer que les choses se fassent d’elles-mêmes.

 

Mon défi : Construire la volière pour les canards et les faisans avant le 30 août !

 

Aujourd’hui, vendredi 10 août, je me mets au défi de terminer la construction de ma volière le 30 août au plus tard.

 

Je dois construire cette volière autour du bassin que j’ai fait creuser au printemps pour pouvoir y accueillir quatre canards mandarins. Les quatre petits faisans que j’ai fait éclore en couveuse pour Betty Plume (c’est une autre histoire) y trouveront leur place également. Ils sont pour le moment dans une grande cage en extérieur mais ils grandissent tellement vite que je crains qu’elle ne devienne rapidement trop exigüe.

Quel défi pour le petit faisan ?  IMG_0758  Petit faisan 1

 

Normalement tout devait se passer simplement : des trous à la tarière pour planter les poteaux, le grillage et le filet et hop ! Tout est fini en quatre jours.

Mais plus question de trous à la tarière : le sol est en brasier. J’ai dû faire appel à un terrassier pour qu’il creuse une tranchée sur vingt centimètres de profondeur plus cinquante centimètres supplémentaires pour les poteaux.

J’avais un très joli bassin entouré de verdure et des premiers arbustes que j’avais plantés. Je me retrouve à présent avec un champ de bataille labouré par des obus…

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Et maintenant, je dois faire des plots de béton pour y fixer les poteaux ronds et les poteaux carrés puis je poserai le premier grillage enterré sur 20 centimètres (pour faire la nique au renard) puis je poserai le deuxième grillage puis je fixerai le filet par-dessus tout ça. La volière est de quinze mètres sur douze et cela me paraît tout à coup très grand ! Surtout que je ne pourrai travailler que les matins…

Hier, 9 août,  j’ai fixé les cinq premiers poteaux bien droits. C’est très difficile pour moi parce que la ligne droite et la verticalité me challengent avec toute l’intensité de la gravitation universelle. Et ce matin, j’ai coulé mes cinq premiers plots de béton.  Je n’aime pas le béton : c’est lourd, c’est rugueux et quand on a fini, on est poudré de ciment de la tête aux pieds.

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Voilà, c’est parti pour mon défi : construire toute seule une volière de 180 mètres carrés en trois semaines, par demi-journées, pour que canards et faisans puissent s’ébattre en sécurité.

 

Kalicotte
Ouais ! Et bien, si ça se passe comme pour la construction du poulailler qui devait durer trois mois, on n’est pas près de les voir barboter, les canards !

 

Dimanche 12 août

J’ai posé 7 nouveaux poteaux. Il faut d’abord les fixer de façon à ce qu’ils soient bien verticaux. Ils sont fichés dans des seaux de maçon dont j’ai découpé le fond au cutter. Ensuite, je remplis de béton.

La bétonnière qu’on m’a prêtée a l’air de souffrir. J’espère qu’elle va tenir jusqu’au bout.

 

Lundi 13 août

Il a plu toute la journée. Rien n’a avancé. Demain, j’espère.

 

Mardi 14 août

Catastrophe, ce matin ! Lorsque je suis arrivée sur le chantier, il n’y avait qu’à constater : la pluie qui est tombée toute la journée d’hier et toute la nuit a rempli les trous et les tranchées.          

Je ne peux rien faire. j’ai essayé de drainer mais le brasier m’empêche de creuser et retient l’eau… Le peu de drainage que j’ai pu effectuer ne suffira sans doute pas à assécher les trous. Le soleil est timidement sorti, cet après-midi. On verra demain matin.

Pas top, le moral…

 

Mercredi 15 août

Pas de miracle pour l’Assomption : les tranchées sont toujours soit pleines d’eau soit très boueuses.

J’ai décidé de poser les quatre poteaux du milieu, destinés à soutenir les filets. Les trous sont à peu près secs. Je fais de petites charges dans la bétonnière : je me fais moins mal au dos, je travaille aussi vite et la bétonnière apprécie que je travaille comme une fille.

Une fois les poteaux posés, j’ai écopé au maximum mais je crains que cela ne suffise pas.

Jeudi 16 août

Pas de miracle le lendemain du 15 août non plus. Les tranchées sont encore très boueuses.

J’ai rebouché les trous des poteaux du milieu. Que c’est fatigant de pelleter la terre. J’ai préparé le chantier pour demain.

On annonce de la pluie demain matin… Mon défi prend l’eau !

 

Vendredi 17 août

Il est tombé trois gouttes. J’ai posé les cinq poteaux suivants ! YES !

 

Dimanche 19 août

Ca y est  : tous les poteaux ronds sont posés. Je dois maintenant terminer avec les poteaux carrés, 4 d’angle plus un pour la porte. Ca va être plus compliqué. Il va falloir réfléchir et la réflexion, ce n’est pas mon point fort !

Lundi 20 août

Ce matin, j’ai préparé les petites plateformes sur lesquelles reposeront les seaux  où je coulerai le béton pour les poteaux carrés. Ca a pris du temps. Il fallait sans cesse vérifier le niveau et l’aplomb. Mais c’est fait.

Ce soir, en vérifiant le matériel dont j’aurai besoin demain, HORREUR ! Le fabricant de la volière ne m’a mis ni assez de tire-fonds ni du bon calibre ni de la bonne taille. Je vais devoir me rendre au village dès l’heure d’ouverture de la quincaillerie, en espérant ne pas avoir à rouler jusqu’au magasin de bricolage de la ville, à une demi-heure de route ! Que de temps perdu !

Les canards doivent arriver mercredi 29. La volière sera-t-elle prête à temps ?

Mercredi 22 août

Ca y est : tous les poteaux sont scellés dans leurs plots de béton ! Fini le béton ! Je peux ranger la bétonnière.

J’ai bien trouvé toute la visserie dont j’avais besoin, à la quincaillerie du bourg, hier matin, à l’heure d’ouverture, et je n’ai pas perdu de temps.

Demain, je commence la pose du grillage.

Samedi 25 août

Le grillage à enterrer est posé.

Ce matin, le terrassier est venu combler les tranchées – qu’il avait lui-même creusées ! Le terrain ressemble à nouveau à quelque chose même s’il faut maintenant attendre que l’herbe repousse.

Ce n’était vraiment pas la peine que je me casse la tête à poser mes poteaux bien verticaux. La simple pression de la terre sur les plots de béton à suffi à les incliner. Grrr…! Tout ce temps passé pour rien. J’espère que les deux de la porte auront gardé un parallélisme raisonnable.

Demain, je pose la partie supérieure du grillage.

Dimanche 26 août

Aujourd’hui, j’ai posé le grillage du haut. Je n’ai pas fini de relier les deux grillages. C’est long et fastidieux.

Mes petits faisans grandissent à vue d’oeil. Leur cage devient vraiment trop étroite pour eux.

Je suis inquiète pour la pose de la porte : les poteaux qui doivent l’encadrer, dont j’avais soigneusement travaillé l’aplomb, ont été déséquilibrés par le terrassement. Je n’ose imaginer ce que ça va donner.

Demain, je pose le filet. Mais comme je suis un peu courte sur pattes, j’aurai de l’aide, normalement.

Lundi 27 août

Ce soir, je suis vannée. C’est la deuxième journée où je travaille non stop, du soir au matin, à cette volière. C’est que j’ai un défi à relever et les canards arrivent après-demain.

Le filet est posé, les deux grillages sont bien reliés. Mais il faut que je tende des fils en hauteur pour relever le filet qui est trop bas sur le bassin. Mais ça, c’est pour l’esthétique.

Par contre, j’ai un problème avec la porte. Le poteau qui doit la supporter n’est pas assez bien ancré. Là encore, il va falloir que je réfléchisse à un dispositif qui consolide le tout. En attendant, je vais bidouiller un système pour que mes petits faisans et mes petits canards ne s’échappent pas mais surtout, qu’ils soient à l’abri du grand méchant renard.

Demain, j’installe les faisans dans leur nouvel environnement. Ils auront toute la place qu’il leur faut pour voler. J’espère qu’ils vont se plaire.

Jeudi 30 août

J’ai réussi ! Nous sommes le 30 et la volière est terminée ! Petits canards et petits faisans y sont installés et semblent s’y plaire.

J’ai encore dû mettre un gros coup de collier hier matin, avant l’arrivée des canards, car le vent, assez violent, de l’orage de la nuit précédente avait emporté une bonne partie du filet que j’avais simplement posé. Ca a été une bonne leçon. Je pensais le faire plus tard mais j’ai cousu le filet au grillage pendant toute la matinée. Je terminais juste quand les canards sont arrivés.

 

Ces canards ont voyagé toute la nuit en camion depuis la Normandie. Ils ont traversé une bonne partie de la France et ont débarqué frais comme des roses. Ils ont tout de suite plongé dans le bassin. Les petits mâles n’arborent pas encore la jolie livrée qui les caractérise et qu’ils acquerront peu à peu dans l’automne.

Les petits faisans ne sont dans la volière que  depuis ce matin car il a plu hier et je ne voulais pas que leur première journée  se passe dans de mauvaises conditions.

J’ai réussi : j’ai construit ma volière de 180 mètres carrés en trois semaines !

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